Politique AIR MRC Rimouski-Neigette
Table des matières
Le message de M. Pigeon, préfet de la MRC de Rimouski-Neigette et de M. Forest, maire de Rimouski
Le message du Comité d’élaboration
Regards sur l’histoire du peuplement de la MRC de Rimouski-Neigette
La MRC aujourd’hui
Les repères historiques de l’immigration sur le territoire
Regards actuels sur l’immigration
La MRC et le monde
La politique d’accueil, d’intégration et de rétention des personnes immigrantes
La déclaration d’intention
La mission
Les principes directeurs
Les axes d’intervention
o L’accueil o L’intégration o La rétention
Le lexique
La bibliographie
La Webographie
Message de monsieur Gilbert Pigeon, préfet de la MRC de Rimouski-Neigette et de monsieur Éric Forest, maire de Rimouski
C’est avec un plaisir empreint de fierté que nous vous présentons aujourd’hui la toute nouvelle Politique d’accueil, d’intégration et de rétention des personnes immigrantes de la MRC de Rimouski-Neigette.
On peut compter sur les doigts d’une main le nombre de MRC du Québec qui ont élaboré une politique spécifique au thème de l’immigration. Ainsi, il a été important pour nous de mettre au point un contenu soigné, susceptible d’offrir à toutes les autres municipalités régionales de comté un exemple pouvant les inspirer dans l’élaboration de leur projet.
L’importance d’adopter une politique favorable à l’intégration des personnes immigrantes est cruciale. Les gens provenant d’ailleurs dans le monde constituent un apport enrichissant à notre société. Ils permettent de tisser de nouveaux liens sociaux. Les personnes immigrantes sont des agents de changement suscitant le dialogue et l’ouverture entre les diverses communautés du monde. Leur présence offre un moyen extrêmement intéressant d’enrichir notre entourage. Pensons aussi à l’apport économique des personnes immigrantes faisant d’elles de grands contributeurs et contributrices à l’économie locale.
Grâce à cette nouvelle politique, toutes les municipalités de la MRC pourront utiliser plus efficacement leurs ressources, c’est-à-dire par exemple les organismes communautaires, les institutions et les employeurs, pour offrir des services plus adaptés aux besoins des personnes immigrantes. Les municipalités pourront également coordonner leurs efforts pour permettre un accueil et un support qui sauront plaire à tous ceux qui en bénéficieront. Pour toutes ces raisons, nous désirons supporter les nouveaux arrivants internationaux dans notre MRC en leur offrant un contexte fiable et intéressant qui leur permettra de s’établir confortablement et de se familiariser rapidement aux différents milieux de vie de Rimouski-Neigette.
Notre politique se veut conviviale, faisant la promotion des valeurs qui nous sont chères comme l’égalité, la tolérance, la justice, la pluralité. Cette Politique d’accueil, d’intégration et de rétention des personnes immigrantes est le fruit du travail d’un comité composé de divers représentants d’organismes et municipalités de la région. Nous tenons à les remercier toutes et tous pour leur excellent travail et pour avoir su, en mettant en commun leurs valeurs et leurs convictions, produire une politique qui répond aussi bien aux préoccupations de la MRC et qui s’inscrit dans sa vision.
Les membres du comité: - Louis-Philippe CHOUINARD, Centre local d’emploi de Rimouski-Neigette - Yvan COLLIN, SADC de la Neigette - Danielle DUFRESNE, MRC de Rimouski-Neigette - Mahnaz FOZI, Accueil et intégration B.S.L.; - Francine RICHER, Cégep de Rimouski; - Gisèle SAINT-PIERRE-BEAULIEU, Ville de Rimouski
Nous saluons l’ouverture d’esprit et la motivation qui rendent notre MRC plus diversifiée et plus prospère. Merci à tous ceux et celles qui s’intéressent à cette politique et qui l’appuient. Vous êtes également des acteurs importants dans le processus qui s’amorcera avec la mise en action du projet, et votre support, de quelque nature qu’il soit, sera grandement apprécié. Travaillons ensemble pour s’ouvrir sur le monde!
Le préfet de la MRC de Rimouski-Neigette Le maire de Rimouski Gilbert Pigeon Éric Forest
Le message du comité d’élaboration
Élaborer une Politique est toujours un processus important qui nécessite de franchir plusieurs étapes. Toutes les personnes dynamiques aimant s’impliquer dans leur milieu ont tendance à vouloir immédiatement énumérer des actions à entreprendre. Alors que l’élaboration d’une Politique nous oblige, au contraire, à faire une pose et à réfléchir sur le pourquoi et le comment de ces actions éventuellement posées. C’est pourquoi vous trouverez, à l’intérieur des pages qui suivent, une déclaration d’intention, une mission, des principes directeurs, des axes d’intervention et des défis qui eux, amèneront tous les intervenants à se concerter pour réaliser les objectifs favorisant l’accueil, l’intégration et la rétention des personnes immigrantes.
Le comité de travail, issu de la Table de concertation en immigration de la MRC, s’est rencontré régulièrement de septembre 2007 à septembre 2008 pour dresser d’abord le portrait de la situation de l’immigration sur notre territoire, pour ensuite procéder à la rédaction d’un avant-projet de politique d’accueil, d’intégration et de rétention des personnes immigrantes. Le comité remercie sincèrement madame Stéphanie Dubé pour son support professionnel, gracieusement mis à sa disposition par la SADC de la Neigette.
Pour produire ce travail le comité a suivi la méthodologie suivante : • Se concerter sur la définition des termes qui seront utilisés durant toute la démarche. Un lexique à la fin du document précise ces définitions; • Dresser l’inventaire et lire les documents et publications pertinents; • Rencontrer et questionner cinq groupes de personnes : des représentants d’organismes communautaires, des personnes immigrantes, des représentants d’employeurs, les membres de la Table de concertation en immigration et le Conseil des maires de la MRC; • Préparer et transmettre un questionnaire à chacune des 10 municipalités de la MRC demandant des précisions sur l’existence ou non de modalités particulières en vue du thème étudié; • Demander des informations précises aux institutions d’enseignements; • Colliger et analyser toutes les informations recueillies; • Tenir trois consultations publiques pour couvrir l’ensemble du territoire. Les membres du Comité remercient toutes les personnes qui ont répondu à ces appels.
La Politique qui est proposée aujourd’hui a le mérite d’être liée à la réalité de notre milieu. Elle permettra aux élus municipaux, aux citoyens de toutes les origines et aux divers intervenants du milieu de concerter leurs actions pour que la MRC de Rimouski-Neigette présente un accueil chaleureux, une intégration réussie et une rétention remarquable pour bien vivre ensemble.
Cette politique est un premier pas que nous vous invitons à franchir avec nous.
Les membres du Comité d’élaboration.
La réalité du peuplement sur le territoire actuel de la MRC de Rimouski-Neigette, marquée par une place significative qu’à prise l’immigration au fil des ans nécessite un bref historique de la formation de cette MRC et des rôles qu’elle a joués. Ce préambule servira comme pierre d’assise à la Politique d’accueil, d’intégration et de rétention des personnes immigrantes.
Regards sur l’histoire du peuplement de la MRC de Rimouski-Neigette
Jacques Lemay
De la nature aux gens
Située dans la région du Bas-Saint-Laurent, la MRC de Rimouski-Neigette est constituée par les basses terres qui bordent l’estuaire de Saint-Fabien à Pointe-au-Père et les plateaux appalachiens d’Esprit-Saint à Saint-Marcellin.
Jusqu’à la fin du 17e siècle, la contrée est fréquentée par les Amérindiens. En effet, au Bic, à Rimouski, à Rimouski-Est, à Saint-Fabien et à La Trinité-des-Monts, les archéologues ont mis au jour quarante siècles d’héritage oublié témoignant d’activités reliées à la pratique de la pêche, de la chasse et de la cueillette. Des tribus semi sédentaires vivaient l’hiver dans les régions du Maine et du Nouveau-Brunswick et l’été, elles se transportaient le long des rives du Saint-Laurent.
Les premiers grands explorateurs français, Jacques Cartier et Samuel de Champlain, laissent des descriptions qui témoignent de certaines caractéristiques du milieu : les pics escarpés, l’île Saint-Barnabé et la qualité des baies.
C’est en 1675 que la seigneurie du Bic est concédée, suit celle de Rimouski en 1688, et celle de Lessard (Pointe-au-Père et Saint-Anaclet-de-Lessard) en 1696.
On n’y observe aucun établissement stable jusqu’à l’arrivée à Rimouski du second seigneur René Lepage en 1694. Il faut attendre en 1712 pour voir la construction d’une première chapelle missionnaire. En 1760, à la fin du régime français la population globale est évaluée à 72 habitants provenant des régions plus à l’ouest de notre territoire.
Une société en émergence
C’est surtout au cours du 19e siècle que le peuplement devient plus significatif. Cette poussée se traduit dans le bilan démographique. Sur le territoire de la MRC, on compte moins de 400 habitants en 1829 et au recensement de 1881, il y en avait 11,169! Ce taux de croissance de la population et la diversification des pratiques économiques sont assez importants pour justifier la création de plusieurs paroisses. L’agriculture se développe, les défricheurs occupent de plus en plus les basses terres et chaque village côtier dispose alors d’un quai pour l’accostage des goélettes.
À partir de 1873, le passage du chemin de fer Intercolonial donne une nouvelle impulsion aux activités commerciales et entraîne bientôt les agriculteurs à se spécialiser dans l’industrie laitière. Au cours de cette période, la population vit aussi de l’exploitation forestière qui prend alors de plus en plus d’importance. Celle-ci fournit aux habitants de l’emploi saisonnier en morte saison et contribue à l’extension des défrichements jusqu’aux contreforts des Appalaches. Le commerce du bois, avec la Grande-Bretagne et les États-Unis, stimule l’industrie de sciage. William Price érige des moulins à scie aux embouchures des rivières Rimouski en 1831 et du Bic en 1845, d’où le bois est ensuite expédié par bateau à l’étranger. C’est à cette même période que l’on voit aussi apparaître les premiers mouvements d’exode vers l’Est des États-Unis et vers les nouvelles provinces de l’Ouest canadien.
Dans ce contexte, Rimouski passe de village au statut de ville en 1869. L’implantation du palais de justice en 1862, l’érection d’un siège épiscopal à Rimouski en 1867 et la création du séminaire en 1871 sont d’ailleurs les symboles de cette mutation. Au cours de la période 1880-1930, la population du territoire double, en passant à plus de 20 000 habitants. La colonisation s’effectue spontanément par le débordement des populations de l’aire seigneuriale vers les cantons non encore défrichés des plateaux appalachiens. La grande industrie forestière et le commerce du bois sont en partie responsables de cette nouvelle extension démographique vers le secteur du Haut-Pays qui se parsème de défrichements plus restreints et de villages agro-forestiers. Une autre manifestation de cette appropriation du territoire est l’acquisition de grandes «limites à bois», faite par la compagnie Price Brothers au tournant du siècle, pour ravitailler la gigantesque scierie qu’elle érige en 1899 à l’embouchure de la rivière Rimouski. Cette compagnie se lance aussi à l’assaut d’immenses forêts de conifères en exploitant pas moins d’une vingtaine de chantiers. Ces anciennes concessions expliquent encore aujourd’hui la présence de vastes territoires non organisés qui appartiennent au paysage de la MRC. En fait, le déploiement de l’industrie forestière sur tout le territoire exige une abondante et habile main-d'œuvre : bûcherons, travailleurs, journaliers dans les moulins à sciage et souvent même agriculteurs qui s’affairent de façon saisonnière à la coupe, à la drave, à la transformation en usine puis à l’expédition du bois. De manière générale, le monde agricole y trouve également son compte puisqu’il dispose, avec les chantiers, d’un nouveau marché local dont l’importance n’est pas négligeable.
De la colonisation à l’urbanisation
La grande dépression qui s’abat sur l’Amérique à partir de 1929 fit sentir ici également ses effets dévastateurs. Faute de commandes, plusieurs scieries cessent presque toutes activités, tandis que les agriculteurs assistent impuissants à la dégringolade des prix de leurs productions. Très vite, le retour à la terre s’impose comme une panacée. Les plans gouvernementaux offrent la colonisation comme un remède au chômage qui apparaît à ce moment dans plusieurs villages et la conquête des terres moins fertiles et plus difficiles d’accès redonne un peu d’espoir.
C’est au cours de cette période que les limites du territoire habité de la MRC connaissent leur extension extrême et que naissent les colonies d’Esprit-Saint, de La Trinité-des-Monts et de Saint-Eugène-de-Ladrière. En mai 1950, le feu rase l’importante usine de sciage des Price Brothers d’où part la conflagration qui embrase en peu de temps une grande partie de la ville de Rimouski. Cette entreprise ne fut jamais reconstruite. Toute la région se retrouve dans l’attente d’autres activités de croissance. Ce sera l’émergence de la région voisine, la Côte-Nord, qui donnera un nouveau souffle à son économie. La Côte-Nord connaît alors un développement spectaculaire dans les secteurs forestiers, de l’hydroélectricité et des mines. C’est une occasion rêvée pour les brasseurs d’affaires d’ici qui se bâtissent de véritables empires dans les domaines de la communication, du transport, du commerce en gros et de la construction, tandis que la main-d’œuvre y trouve pour un temps des emplois bien rémunérés, favorisant ainsi un autre mouvement migratoire vers l’extérieur. Toute cette effervescence n’offre pas que des impacts positifs, car d’une part les hautes terres connaissent de véritables saignées produites par l’exode des travailleurs et d’autre part, par ricochet, on assiste à une concentration géographique de la population des basses terres sur la franche côtière. Avantagée par sa situation géographique, Rimouski affermit son rôle de ville de service. Les interventions de l’État, à l’époque de la Révolution Tranquille, la confirment comme siège des administrations gouvernementales et centre d’éducation supérieure. Ces nouvelles responsabilités sont à l’origine d’un autre flux de migration inter régional en provoquant l’installation à Rimouski et dans les municipalités alentour de plusieurs nouvelles familles québécoises et issues des communautés culturelles.
Source : LEMAY, Jacques. 2002, in Politique culturelle de la MRC de Rimouski-Neigette.
La MRC aujourd’hui
Danielle Dufresne
À l’issu d’une large réflexion sur la décentralisation menée par le secrétariat à l’Aménagement et la Décentralisation à la fin des années 70, les municipalités régionales de comté (MRC) ont vu le jour au Québec au début des années 1980. Cette création visait à renouveler et revaloriser les comtés municipaux. C’est toutefois dans la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme (LAU) que les MRC trouvent le cadre juridique et administratif qui détermine leur première responsabilité : celle d’élaborer un schéma d’aménagement du territoire. Selon les époques, les tendances et les gouvernements, des responsabilités s’ajoutent. Les années 1990 ramènent les discussions sur la décentralisation des pouvoirs entre le gouvernement et les municipalités. Cette réflexion se traduira par un transfert de responsabilités, principalement au niveau local, ainsi que par la proposition d’une nouvelle fiscalité. Les années 2000 amènent sur le Québec une restructuration majeure des municipalités résultant en une importante opération de fusion. La MRC de Rimouski-Neigette n’y échappe pas, et en janvier 2002, on assiste au regroupement de cinq de ses municipalités avec la Ville de Rimouski, renforçant ainsi son rôle de capitale régionale. Afin de soutenir les municipalités à caractère rural, la MRC de Rimouski-Neigette a signé, en 2002, une première politique culturelle et un premier pacte rural, issu de la Politique nationale de la ruralité. Le lancement, en 2007, de bancs d’essai en matière de décentralisation démontre bien que la question de la gouvernance régionale reste toujours au cœur des débats et des échanges. En plus du schéma d’aménagement, la MRC gère les rôles d’évaluation foncière, les terres publiques intra municipales, elle s’occupe de la gestion des matières résiduelles, de l’environnement et des cours d’eau, du dossier de la sécurité incendie, du développement des arts, de la culture et du patrimoine. La MRC offre un service d’inspecteur régional et gère le programme Réno-Village. On parle aussi de concertation, de communautés culturelles, de géomatique, d’aéroport régional, de développement économique et d’implantation d’un réseau de fibre optique pour desservir le milieu rural. La MRC coordonne la mise en place de diverses politiques et partage ses projets et ses ambitions avec de multiples partenaires locaux et régionaux. Les années qui viennent amèneront de nouveaux défis tels l’organisation des transports collectifs, l’intégration de la gestion de sources d’énergies renouvelables et l’accueil et l’intégration des personnes immigrantes. La MRC de Rimouski-Neigette, fière des réalisations qu’elle a menées à bien depuis 25 ans, fait son entrée dans le 3e millénaire en offrant un territoire moderne et économiquement diversifié qui présente au monde une région ouverte et accueillante. Source : Allocution présentée par madame Danielle Dufresne lors d’une cérémonie à la coopérative Paradis pour le 25e anniversaire de la MRC de Rimouski-Neigette en février 2008.
Les repères historiques de l’immigration sur le territoire
Il est assez difficile de remonter le temps en matière d’immigration dans la région et certaines informations semblent mieux documentées que d’autres. Cependant, il fut tout de même possible de découvrir que notre région reçoit des personnes immigrantes depuis fort longtemps. Sans vous proposer une histoire exhaustive de ces faits, nous croyons quand même pertinent de vous livrer quelques-uns de ces secrets bien gardés.
Il faut remonter aux années 1847 et 1848 pour repérer le premier flux migratoire qu’a connu notre territoire. Ces années ont, en effet, été tragiques pour beaucoup d’Écossais, d’Anglais et surtout d’Irlandais qui durent émigrer vers le Canada et les États-Unis à cause de la famine. À cette époque, l’Angleterre, qui exploitait le bois d’œuvre du Québec, avait envoyé plus de 441 bateaux pour transporter cette ressource. Toutefois, elle avait pris garde de remplir ces bateaux pour les trajets de l’aller, de 100 000 personnes immigrantes, qui furent obligés d’accoster à Grosse-Île, en quarantaine. Un de ces bateaux a fait escale à Rimouski pour se ravitailler en eau potable. Les conditions de voyages sont désastreuses et plusieurs des passagers souffrent du typhus ou bien en sont déjà morts. Un jeune homme Thomas Watts décide de ne pas remonter sur le bateau et s’installe à Rimouski grâce à l’hospitalité de la famille Bouillon-Ross. Ces terribles traversées entre l’Europe et Grosse-Île ont laissé plusieurs centaines d’enfants orphelins. Comme pour le jeune Watts, des familles de Rimouski et des villages environnants ont adopté ces enfants et les ont reçus et éduqués comme les leurs. En 1851, on comptait 63 jeunes orphelins ainsi protégés. Rimouski devint la région du Québec ayant adopté le plus grand nombre de ces immigrants en détresse. Évidemment, les patronymes de ces enfants ont été changés et ils sont devenus Québécois, mais cette histoire témoigne de l’accueil et de la générosité de nos gens.
Entre 1875 et 1889, les sœurs de la Charité de Rimouski ont accueilli au moins 133 orphelins venus d’Angleterre. Leur présence explique peut-être l’origine de certains patronymes que nous retrouvons dans la région tels les Drewitt, Collins, Mc Carthy ou Robinson, en considérant que ces orphelins ont pu grandir en conservant leurs noms. Beaucoup plus tard, soit en 1956, ce sont des Hongrois, comme les familles Szoke et Szammer, fuyant la répression communiste, qui sont accueillis. Entre 1979 et 1981, sous l’initiative de l’humaniste Jacques Couture, des milliers de Québécois émus par le drame des «boat people» acceptèrent de parrainer des réfugiés vietnamiens qui fuyaient la tyrannie communiste des Khmers rouges. Rimouski a reçu un contingent de 120 réfugiés de la mer correspondant à plus de 30 familles. La majorité d’entre elles iront, au cours des années suivantes, s’établir dans les grands centres à l’exception de la famille Van Truong Huynh qui ouvre le restaurant le Saigon- toujours en opération- à Rimouski. En 1996-1997, 56 réfugiés de guerre de la Bosnie trouvent refuge à Rimouski, mais au bout de quelques mois, ils iront tous rejoindre les communautés bosniaques établies dans le sud de l’Ontario.
Texte inspiré de : L’ESTUAIRE, no.53, Chroniques rimouskoises, juin 1998. LAROCQUE, Paul, dir. 2006, Rimouski depuis ses origines, publié par la Société d’histoire du Bas-Saint-Laurent, la Société de généalogie et d’archives de Rimouski et le GRIDEQ, Rimouski, p.318.
Regards actuels sur l’immigration
Il est bien connu que la majorité des immigrants québécois demeurent dans les grands centres urbains, particulièrement à Montréal. Afin de favoriser une certaine déconcentration, le programme de régionalisation de l’immigration du ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles, a été instauré au début des années 1990 afin de sensibiliser les régions à l’importance des personnes immigrantes et, plus spécifiquement, aux moyens à mettre en place pour les attirer davantage sur leur territoire.
C’est dans ce contexte qu’en 1998, le Conseil régional de concertation et de développement du Bas-Saint-Laurent, aujourd’hui la Conférence régionale des éluEs, a mis sur pied une table de concertation et de régionalisation de l’immigration dont le mandat était d’élaborer un plan d’action régional pour promouvoir l’immigration dans la région. L’organisme Accueil et intégration BSL ainsi que plusieurs autres partenaires sont
Invités à l’élaboration de ce plan d’action. En 2002, une entente spécifique triennale dotée d’un budget de 490 000 $ a été signée entre le ministère de l’Immigration, le ministère des Régions et Emploi Québec, afin de mettre en application le plan d’action qui visait plus particulièrement à favoriser l’accueil, l’intégration et l’établissement de 300 nouveaux arrivants dans la région sur une période de trois ans.
Dans le cadre de cette entente, Accueil et intégration BSL a élaboré deux projets de sensibilisation. Le premier a consisté à sensibiliser plus de 100 employeurs bas-laurentiens à l’embauche de la main-d’œuvre immigrante. Le deuxième projet avait quant à lui comme principal objectif de sensibiliser :
* les intervenants en employabilité des centres locaux d’emploi de la région du Bas-Saint-Laurent aux problèmes de l’accès à l’emploi des personnes immigrantes et sur les moyens efficaces pour remédier à ces problèmes;
* les directions de ressources humaines de grandes entreprises bas-laurentiennes sur la gestion de la diversité culturelle au sein de leur entreprise;
* le public au rôle de l’immigration dans le développement socioculturel, économique et démographique de la région par la publication de 15 articles dans les journaux de la région.
Pour promouvoir l’immigration, l’organisme Accueil et intégration BSL a également organisé et participé de nombreuses séances d’information auprès des immigrants montréalais qui désirent s’établir dans la région, plus particulièrement dans la MRC de Rimouski-Neigette. Depuis la mise en place du plan d’action sur l’immigration en 2002, on estime qu’environ 120 personnes immigrantes se sont installées dans la MRC de Rimouski-Neigette. Par contre, bon nombre de celles-ci, suite à une recherche d’emploi infructueuse, sont aujourd’hui retournées vers les grandes villes. En 2007, l’entente triennale de la régionalisation de l’immigration a été renouvelée couvrant la période de 2006 à 2009.
Depuis 2004, la ville de Rimouski et la MRC de Rimouski-Neigette font partie de la Table de concertation en immigration de la MRC. La Table a suggéré au Conseil des maires de la MRC d’élaborer une politique d’accueil pour les nouveaux arrivants. En 2006, deux familles réfugiées colombiennes accueillies à Trois-Pistoles par le CADFEL se sont installées à Rimouski. En novembre 2006, 38 autres personnes issues de ces deux familles viennent directement de la Colombie s’installer à Rimouski. Les adultes ont suivi le cours de francisation et les enfants sont intégrés aux écoles primaires et secondaires. 32 de celles-ci demeurent présentement à Rimouski. Elles sont actives sur le plan professionnel et éducationnel. Bon nombre d’entre elles travaillent à temps plein ou partiel, plusieurs personnes se sont inscrites à l’UQAR et au Cégep de Rimouski. Plusieurs de ces familles ont été jumelées avec les familles québécoises et font du bénévolat au sein de divers organismes.
Plusieurs séances d’information ont été organisées auprès de ces réfugiés colombiens en collaboration avec le CLSC, la Régie du logement, la Société d’Assurance Automobile du Québec (SAAQ) et les directions d’écoles primaires et secondaires de la Commission scolaire des Phares. Une visite guidée en autobus a été organisée conjointement par la MRC et par Accueil et intégration Bas-Saint-Laurent. Cette visite a permis à plus de 50 personnes de rencontrer des gens de la région et de découvrir les paysages et attraits de notre territoire. En 2007, la Ville de Rimouski a élaboré un guide d’Accueil à l’intention des nouveaux arrivants et les a invités à une réception civique pour leur souhaiter la bienvenue et leur transmettre des informations utiles à leur intégration. Plusieurs municipalités de la MRC ont inscrit certaines modalités pour l’accueil des nouveaux arrivants (comité, rencontre et accès à la propriété) dans leur politique familiale.
L’insertion professionnelle des personnes immigrantes se manifeste dans des domaines très variés : elles sont médecins, infirmiers, préposés aux bénéficiaires, psychologues, physiatres, physiothérapeutes, ingénieurs, professeurs, instituteurs, commerçants, artistes, restaurateurs, techniciens ( génie civil, mécanique, électronique et informatique), entrepreneurs, conseillers ( financier, juridique), avocats. Bon nombre d’entre eux et elles ont été formés par les établissements scolaires et universitaires de la région.
Source : Quelques informations sont tirées du mémoire : L’immigration une responsabilité partagée, présenté par madame Mahnaz Fozi de Accueil et intégration BSL devant la Commission de consultation sur les pratiques d'accommodement reliées aux différences culturelles, octobre 2007.
Accueil d’étudiants de l’Île de La Réunion (France) En mars 2003, une première mission exploratoire sur une éventuelle entente de partenariat a eu lieu à l’île de La Réunion, un département français situé dans l’océan Indien. Elle était composée de représentants du ministère des Relations avec les citoyens et l’Immigration (MRCI), du Conseil régional de concertation et de développement (CRCD) du Bas-Saint-Laurent, de l’Institut maritime du Québec, du Cégep de Matane et de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR). Début octobre 2003, une délégation de 15 Réunionnais était de passage dans la région. Le but de leur visite était de prendre contact avec l’environnement dans lequel évolueront de jeunes Réunionnais qui décideraient de poursuivre leurs études au Québec.
En février 2004, une délégation bas-laurentienne dont un représentant de l’Institut maritime du Québec et un représentant de la Conférence régionale des éluEs (CRÉ) ainsi que d’autres représentants du milieu de l’éducation participaient à une première mission à l’île de La Réunion. Lors de cette mission, un protocole liant la CRÉ et le Conseil régional de La Réunion sur la venue d’étudiants réunionnais en région a été signé.
En novembre 2004, s’est déroulée une autre mission à l’île. Celle-ci était pilotée par un représentant de la délégation du Québec à Paris pour le MRCI. Cette mission à l’île de La Réunion se déroule maintenant chaque année et est pilotée par le ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles (MICC) qui signe un protocole de coopération avec le Conseil régional de La Réunion.
Les établissements d’enseignement avaient un objectif commun celui de faire la promotion de leur institution dans le but de recruter une clientèle étudiante, mais aussi de sélectionner des étudiants motivés, bien préparés académiquement et qui présentent un projet sérieux de mobilité au Québec afin d’accroître la diversité culturelle de la population étudiante au sein de leur établissement.
En septembre 2007, près de 200 étudiants réunionnais fréquentent les institutions scolaires du Bas-Saint-Laurent. En septembre 2008, l’IMQ et le Cégep de Rimouski prévoient accueillir une vingtaine d’étudiants réunionnais. Ces deux institutions et l’Université du Québec à Rimouski participent tous les ans à d’autres missions à l’international et accueillent au fil des ans une centaine d’étudiants étrangers. Le tableau statistique en annexe nous informe sur la provenance et le nombre d’étudiants.
En avril 2008, le gouvernement du Canada apportait des modifications aux permis de travail post diplôme délivrés aux étudiants étrangers qui obtiennent un diplôme après avoir étudié dans un établissement postsecondaire. De plus, les étudiants internationaux qui étudient dans les établissements d’enseignement situés en région jouissent d’un permis de travail hors campus. Ces mesures vont non seulement favoriser la venue des étudiants étrangers au Canada, mais vont aussi favoriser l’intégration de ceux-ci. En mai 2008 plusieurs étudiants ont demandé leur certificat de sélection du Québec et leur statut de résident permanent au Canada.
La MRC et le monde
La région de Rimouski-Neigette est sans aucun doute un lieu ayant un fort potentiel d’accueil. Elle est aussi un endroit où les actions favorisent le rapprochement interculturel, voici quelques exemples :
• Les communautés religieuses qui œuvrent en missions humanitaires à travers le monde.
• Le Carrefour bas-laurentien pour l’engagement social, situé au Cégep de Rimouski, qui permet à des élèves de vivre d’intenses expériences internationales de partage et de sensibilisation à d’autres cultures et modes de vie.
• Les nombreuses familles qui adoptent des enfants par la filière d’adoption internationale.
• Le groupe Las Estrellas de mar formé depuis près de 15 ans et qui offre des rencontres hebdomadaires pour permettre aux hispanophiles d’échanger en langue espagnole.
• Les 5 à 7, régulièrement organisés dans divers endroits publics, facilitent des échanges en langues étrangères et la découverte d’autres cultures.
• Les nombreux professionnels de notre milieu qui se dirigent chaque année sur la scène internationale pour des conférences, des colloques et des partages de recherches et d’expertise.
• Certains de ces experts sont issus des communautés culturelles et par leurs actions participent à la prospérité de notre région.
Aussi, plusieurs événements et activités sont présentés à chaque année pour célébrer les diverses communautés culturelles présentes sur notre territoire. Entre autres, les Rendez-vous avec la culture, les festivités en février dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs, la Semaine d’actions contre le racisme, la Semaine de rencontres interculturelles, la Semaine de la francophonie, le Festival Interculturel de Rimouski, les soirées de poésie en langues étrangères et encore…
De plus, certains organismes inclus des actions au niveau international dans leur mission et programmation tels que Le Carrousel international de film de Rimouski, le Festi-Jazz international de Rimouski …
Quelques-uns ont transmis au Comité les détails de leurs actions :
• Le Salon du Livre de Rimouski et celui de Concarneau se sont jumelés en 1992. De nombreux échanges ont ainsi lieu de part et d'autre de l'Atlantique. Chaque année, à l'automne, le Festival Livre & Mer de Concarneau est présent à Rimouski pour y animer L'Espace-Mer, tandis qu'une délégation de Rimouski traverse l'Atlantique en compagnie d'auteurs québécois afin de les présenter aux visiteurs du Festival Livre & Mer.
• Le Théâtre les gens d’en bas accueille des productions en provenance surtout de l’Europe, mais aussi d’ailleurs dans le monde depuis 1991. Il a pu voir sur la scène du Théâtre du Bic des spectacles venant de Colombie, de Hollande, d’Australie et autres. Des productions sont présentées en français, mais aussi en anglais et en espagnol. En 2009, il attend la visite d’un spectacle de France et parrainera la tournée canadienne d’une production de Belgique. Le directeur du Théâtre du Bic entretient des relations avec des programmateurs de France, de Belgique et de Suisse et avec des artistes d’Europe et d’Afrique. Le Théâtre les gens d’en bas vient de réaliser une tournée en Normandie. Le Théâtre circule sur les scènes de France avec des spectacles pour jeune public, en coproduction avec la compagnie Mathieu, François et les autres.
• Paraloeil diffuse annuellement une soixantaine de programmes de films de toutes sortes – documentaire, fiction, art et expérimentation – provenant de tous les coins de la planète. Au total, près du quart de la programmation traite de réalités internationales ou provient de l’étranger. L’organisme compte des membres de plusieurs communautés culturelles et en est très fier.
Ce dynamisme nous permet de constater une ouverture et une saine curiosité à l’égard des différentes communautés culturelles.
Présentation de la Politique
Ce qu’est une politique d’accueil, d’intégration et de rétention : C’est la reconnaissance que les élus accordent à l’accueil, à l’intégration et à la rétention des personnes immigrantes comme source de développement social, culturel et économique pour l’ensemble des citoyens et citoyennes; C’est l’affirmation publique du rôle que les élus entendent jouer pour favoriser l’accueil, l’intégration et la rétention des personnes immigrantes sur le territoire; C’est un outil d’orientation et de planification qui a pour objectifs de: 1) donner une vision globale de ce qu’est l’accueil, l’intégration et la rétention sur le territoire de la MRC; 2) permettre, à moyen et à long termes, de répondre adéquatement aux demandes des citoyens et des nouveaux citoyens issus de l’immigration en matière d’accueil, d’intégration et de rétention; 3) formuler d’éventuels plans d’action pour faciliter l’accueil, l’intégration et la rétention des personnes immigrantes. Elle s’adresse : Aux citoyens issus de l’immigration qui ont besoin de cet outil pour faciliter leur arrivée et leur intégration, tant dans leur vie civile que professionnelle;
À toutes personnes provenant d’autres pays mais qui résident temporairement sur notre territoire;
À l’ensemble des citoyens et des citoyennes qui aiment profiter d’une vie ethnoculturelle enrichissante et diversifiée;
Aux conseils municipaux qui ont la responsabilité de planifier et d’orienter le développement de leur territoire;
À tous les partenaires de la MRC qui ont besoin de cet outil de référence pour ajuster leurs interventions dans le milieu. La déclaration d’intention
L’accueil, l’intégration et la rétention des personnes immigrantes sont des responsabilités partagées entre de multiples acteurs : les municipalités de la MRC de Rimouski-Neigette, les divers paliers gouvernementaux, les institutions d’enseignement, les employeurs, les syndicats, les organismes sociaux et communautaires, les organismes de développement économique et les citoyens de tous les horizons. Par conséquent, la MRC choisit d’assumer un leadership partagé avec les ressources du milieu d’accueil, ceci avec le souci exprimé de favoriser la complémentarité des actions.
La mission
Favoriser l’établissement des personnes issues de l’immigration par la mise en place des conditions nécessaires à leur intégration linguistique, sociale et économique.
Les principes directeurs
La présence des personnes immigrantes contribue à l’essor global du territoire et est un facteur important de cohésion sociale. Les personnes immigrantes qui quittent leur pays pour s’établir ici sont guidées par des motivations profondes qui peuvent, quelquefois, s’inscrire dans une démarche humanitaire. Notre accueil contribue à raffermir leur sentiment de sécurité, à développer leur fierté et à exprimer leur esprit d’appartenance à notre région. La MRC s’appuie sur des principes directeurs qui apporteront une valeur philosophique aux actions posées.
Cette politique retient trois principes directeurs : 1. L’ouverture 2. La communication 3. La contribution
1- L’ouverture qui favorise le rapprochement interculturel. Recevoir sur notre territoire des personnes issues de communautés culturelles nécessite une approche globale et concertée. Cela doit inclure une stratégie de soutien à leur intégration socio-économique, à leur adaptation aux institutions et plus largement à la sensibilisation du grand public. L’ouverture doit viser, à moyen et à long termes, à renforcer les solidarités sociales entre les groupes de personnes de toute origine et à renforcer la participation égalitaire des personnes des communautés culturelles à la vie publique, sur la base de valeurs communes définies comme suit : la primauté de la langue française, l’égalité entre les hommes et les femmes, la laïcité des espaces publics et le fonctionnement démocratique.
2- La communication qui favorise le dialogue interculturel Une cohabitation juste et harmonieuse entre les citoyens d’ici et les nouveaux citoyens issus de l’immigration nécessite une meilleure connaissance de la culture de chacun. La communication est la clé qui permet d’ouvrir la porte de la connaissance mutuelle. Elle signifie de créer des occasions d’échange et de dialogue entre les élus municipaux, le monde des affaires, les institutions et les citoyens avec les immigrants. La fluidité des messages transmis à la population est un élément incontournable pour assurer une communication efficace.
3- La contribution qui favorise le partenariat interculturel La contribution signifie bâtir un espace commun et des initiatives réciproques soutenues à travers une intervention structurée. L’engagement de tous les acteurs de la société, tant les institutions et les organismes que les citoyens est souhaité. La concertation des actions est un élément incontournable pour une contribution réussie.
Ces trois principes directeurs s’appuient sur les trois axes d’intervention suivants : L’accueil, L’intégration, La rétention.
Premier axe
L’ACCUEIL
« Quand on est bien accueilli, on commence à se sentir chez soi. » Transparaissent dans l’accueil le désir et la volonté d’écouter et de recevoir qui peuvent prendre forme dans différentes orientations et actions. L’accueil se traduit dans l’ouverture à l’autre et dans l’acceptation des différences ethniques et culturelles. Le partage et le respect imprègnent l’accueil qui sous-tend une attitude pro-active de la communauté qui reçoit.
L’appréciation plutôt favorable à l’immigration se manifeste souvent : • par la connaissance que la population locale détient de l’apport général de l’immigration sur son territoire, • par la qualité des interactions interpersonnelles avec des personnes immigrantes, • par la qualité du traitement médiatique dont les immigrants font l’objet.
Objectifs à concrétiser pour permettre aux citoyens de la MRC de bien relever le défi d’être des personnes accueillantes :
• Informer et sensibiliser les citoyens au sujet de l’immigration; • Assurer une coordination efficace entre les différents services offerts aux personnes immigrantes; • Favoriser la mise en place de moments privilégiés d’échanges et de rencontres pour des découvertes mutuelles; • Développer des partenariats entre les organisations du milieu.
Deuxième axe
L’INTÉGRATION
« Être intégrée, c’est se sentir utile à la population qui nous accueille. » L’intégration contribue activement à l’enrichissement collectif par la valeur ajoutée qu’elle apporte au développement de la personne et de la communauté, tant en milieu urbain que rural. L’immigration est un levier important de développement régional. L’intégration est une responsabilité partagée entre la communauté d’accueil et la personne nouvellement arrivée. Lorsqu’elle est réussie, elle joue un rôle important qui conduit un nouveau citoyen à participer à la vie de la collectivité. L’intégration du nouvel arrivant s’effectue sur plusieurs plans. Celui qui constitue la base est l’intégration économique, c’est-à-dire la participation au marché du travail.
Toutefois, les intégrations sociale, culturelle ou linguistique sont également importantes et elles contribueront, si satisfaites, à la rétention des personnes immigrantes sur le territoire.
Objectifs à concrétiser pour permettre aux nouveaux citoyens de la MRC de bien relever le défi de leur intégration :
• Promouvoir l’émergence d’une concertation entre les réseaux professionnels en vue de l’intégration des personnes immigrantes sur le marché du travail;
• Sensibiliser les employeurs à instaurer des mécanismes d’accompagnement qui facilitent l’intégration de personnes immigrantes au sein de leur organisation et de la MRC;
• Encourager la cohérence du discours et des actions entre les divers intervenants;
• Encourager et soutenir la participation civique des personnes issues des communautés culturelles aux débats publics;
• Favoriser, auprès des personnes immigrantes, l’appropriation des lois et des conventions d’usage en vigueur ici;
• Encourager les établissements d’enseignement à continuer d’offrir un éventail de formation correspondant aux nouvelles réalités du marché du travail.
Troisième axe
LA RÉTENTION
«C’est un endroit idéal pour élever ma famille, mais je vais quitter faute de travail.» Si l’accueil s’est favorablement déroulé et que la personne immigrante s’est intégrée de façon satisfaisante, elle aura le goût de demeurer sur notre territoire. La rétention permet l’établissement durable des personnes immigrantes dans un milieu de vie où elles se sentent utiles, appréciées et où elles développent de la fierté à son milieu d’accueil. Cet établissement durable devient un élément essentiel d’une part pour la vitalité de notre région et d’autre part pour sa prospérité économique.
Objectifs à concrétiser pour permettre aux citoyens et aux nouveaux citoyens de la MRC de réussir le défi de bien vivre ensemble :
• Favoriser chez la population immigrante l’exercice et la jouissance d’une citoyenneté pleine et entière; • Sensibiliser tous les citoyens à la cohabitation inter-culturelle; • Partager un sentiment d’appartenance ainsi qu’une fierté locale et régionale; • Favoriser la diffusion de l’histoire régionale et québécoise; • Encourager et soutenir la tenue d’événements permettant la rencontre des cultures;
• Structurer les interventions nécessaires à l’harmonisation des systèmes de reconnaissance des acquis et des qualifications professionnelles pour les nouveaux arrivants; • Utiliser diverses occasions pour responsabiliser les entrepreneurs à l’embauche de personnes immigrantes. • S’assurer de l’intégration linguistique et socio-économique des personnes immigrantes en améliorant l’accessibilité aux services; • Responsabiliser les milieux de travail, scolaire et public à l’interculturalisme.
Le lexique
Assimilation :
Le fait d'un immigrant qui renonce à sa culture d'origine pour adopter celle de la société d'accueil. L'assimilation peut être volontaire ou forcée.
Ethnicité :
Traits collectifs (langue, coutumes, religion...) associés à une collectivité et qui se transmettent d'une génération à l'autre, tout en se transformant.
Hétérophobie :
En matière de rapports entre cultures au sein d'une même société, crainte, malaise, aversion ressentis à l'endroit de ce qui est différent.
Immigration :
Le concept d'immigration désigne le mouvement de personnes d'un pays quelconque vers un autre pays dans le but de s'y établir. Il s'applique aux personnes à qui les autorités de l'immigration ont accordé le droit de résider au Canada en permanence. Ce concept s'applique généralement aux personnes nées à l'extérieur du Canada mais peut aussi s'appliquer à un petit nombre de personnes nées au Canada, de parents qui sont citoyens d'autres pays. De la même façon, un petit nombre de citoyens canadiens par naissance sont né(e) s à l'extérieur du Canada de parents canadiens. La désignation du statut d'immigrant reçu est accordée à vie, aussi longtemps qu'une personne réside au Canada. Par conséquent, les immigrants sont classés selon la période d'immigration dans le but de faire la distinction entre les personnes arrivées récemment et celles qui résident au Canada depuis un certain nombre d'années. Le terme "Immigrants" inclut les expressions suivantes; personnes issues des communautés culturelles et nouveaux arrivants :
Interculturalisme : Politique ou modèle préconisant des rapports harmonieux entre les cultures, fondés sur l'échange intensif et axés sur un mode d'intégration qui ne cherche pas à abolir les différences.
Laïcisation :
Action d'écarter tout esprit confessionnel des institutions relevant de l'État.
Multiculturalisme :
Dans son acception la plus courante, système axé sur le respect et la promotion de la diversité ethnique dans une société. S'y ajoute souvent l'idée selon laquelle le respect de la diversité ethnoculturelle l'emporte sur les impératifs de l'intégration collective. Source : COMMISSION DE CONSULTATION SUR LES PRATIQUES D’ACCOMMODEMENT RELIÉES AUX DIFFÉRENCES CULTURELLES. [En ligne], adresse URL : http://www.accommodements.qc.ca/documentation/glossaire.html
Non-immigrants : Les non-immigrants sont des personnes qui sont citoyens canadiens de naissance. Bien que la plupart des citoyens canadiens de naissance soient nés au Canada, un petit nombre d'entre eux sont nés à l'extérieur du Canada de parents canadiens. Résidents non permanents : Les résidents non permanents sont des personnes d'un autre pays qui, au moment du recensement, étaient titulaires d'un permis de travail ou d'un permis d'études, ou qui revendiquaient le statut de réfugié, ainsi que les membres de leur famille vivant avec elles au Canada. Source : STATISTIQUE CANADA, [En ligne], adresse URL : http://www.statcan.ca/francais/concepts/definitions/immigration_f.htm Valeurs communes :
Les valeurs communes qui ont été identifiées par les Québécois au cours des diverses consultations sur ce thème sont l’entraide, la solidarité, le partage, le sens de la famille, la paix, la laïcité, la démocratie, le respect, la tolérance, l’éducation pour tous, l’inclusion sociale, la fierté, l’égalité entre les hommes et les femmes, la justice, l’écologie, la sympathie envers les immigrants, la dignité de l’être humain, l’ouverture sur le monde, la réduction des écarts entre les riches et les pauvres, la liberté et la responsabilité.
Source : LECOINTE, Aude et Céline SAINT-PIERRE, dir. 2007, La culture notre avenir, 21 priorités citoyennes pour la culture québécoise. INM, Édition Fides, p.22
La Bibliographie
CHASSÉ, Béatrice. 2003, Rimouski et son île, Collection Les Cahiers de l’Estuaire, no 2, 101 pages.
LAROCQUE, Paul, dir. 2006, Rimouski depuis ses origines, publiée par la Société d’histoire du Bas-Saint-Laurent, la Société de généalogie et d’archives de Rimouski et le GRIDEQ, Rimouski, 411 pages.
LECOINTE, Aude et Céline SAINT-PIERRE, dir. 2007, La culture notre avenir, 21 priorités citoyennes pour la culture québécoise. INM, Édition Fides,
SIMARD, Jean-François. 1994, Contribution à une réflexion sur la régionalisation de l’immigration : résultats d’une recherche-action menée auprès d’intervenants socio-économiques de la MRC Rimouski-Neigette, Mémoire de maîtrise en développement régional, UQAR, 164 pages.
CONSEIL RÉGIONAL DE CONCERTATION ET DE DÉVELOPPEMENT DU BAS-SAINT-LAURENT. 1999, Forum des partenaires de l’immigration, Actes de Forum du 27 mai 1999 à l’Institut maritime du Québec à Rimouski, Rimouski, 37 pages.
POLITIQUE CULTURELLE, MRC DE RIMOUSKI-NEIGETTE, 2002, 30 pages.
PROJET METROPOLIS et FÉDÉRATION CANADIENNE DES MUNICIPALITÉS. « Collectivités rurales », Nos diverses cités, no 3, été 2007, 212 pages.
SCHÉMA D’AMÉNAGEMENTRÉVISÉ, MRC DE RIMOUSKI-NEIGETTE, 2006, 485 pages.
SOLIDARITÉ RURALE DU QUÉBEC. 2004, Vers une politique nationale d’accueil; mémoire remis au ministère des Relations avec les citoyens et de l’Immigration du Québec portant sur la planification des niveaux d’immigration pour la période 2005-2007, Nicolet, janvier 2004, 10 pages.
Les ouvrages de référence
BONNEAU, Micheline. 1997, Projet Bas-Saint-Laurent/Le Monde : Stages d’immersion en milieu rural pour immigrants et immigrantes, Rapport de recherche-évaluation, GRIDEQ/UQAR, 149 pages.
PICHÉ, Victor et Liane BÉLANGER. 1995, Une revue des études québécoises sur les facteurs d’intégration des immigrants, GRES, Université de Montréal, Collection NOTES et DOCUMENTS, no 5, juillet 1995, 52 pages.
TOSSOU, Ayeko A. 2003, Impact démographique et performances économiques des immigrants: Une approche régionale au Québec (1976-1996) et au Canada (1996), Thèse de doctorat en Démographie, Université de Montréal, 185 pages.
GROUPE DE TRAVAIL NATIONAL SUR LES STRATÉGIES RELATIVES AUX PETITS CENTRES, 2007. Attirer et garder les immigrants : Une boîte à outils pleine d’idées pour les petits centres, 2e édition, Victoria, 88 pages.
La Webographie
http://www.accommodements.qc.ca/documentation/glossaire.html
http://www.lelacstjean.com/article-179638-
http://www.mrclislet.com/municipalite-regionale/info
http://www.placeauxjeunes.qc.ca/
http://www12.statcan.ca/english/census06
http://www.gatineau.ca/pdf/immigratio/politique_gestion_diversite_culturelle.pdf
http://www.ville.sherbrooke.qc.ca/fr/accueilImmigration/projet.pdf
À propos d’AIBSL
Accueil et Intégration B.S.L est un organisme sans but lucratif ayant pour mandat de faciliter l’accueil et l’intégration des personnes immigrantes et de promouvoir l’immigration dans la région. En savoir davantage...
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